Mont Washington, day one!
2h45 am, le cadran sonne : réveil difficile consécutif à une nuit courte. J'ai beau m'être couché à 22h00 hier, l'excitation faisant, impossible de m'endormir avant 00:45. Forcément, c'est la première sortie de glace de la saison! Steph, Jérôme et Phil passent me prendre à 3h15. On choppe ensuite Jeepee à Magog (à côté de Montréal) et direction les Etats. Si l'on veut pouvoir réserver une place dans un lean-to, il faut arriver à 7h30 au Mont Washington (à AMC Pinkham Notch camp, plus précisément).
Le truck de Steph. Ca passe partout ces petites bêtes là.
Petite pause casse-croûte et change de dollars dans un dépanneur aux Etats.
mmmMMMmmm les bons donnuts :s.
Arrivée sur place aux environs de 8:30 (eh oui, on a pris un petit raccourci ^^) on apprend la bonne nouvelle : il reste des lean-to disponibles, moyennant 10$ la nuitée. Le ciel est 100% bleu. Par contre, il fait un peu froid (dans les -10°C).
Hey ça rigole pas avec le poids des sacs, ici! Steph a carrément pris sa balance pour répartir équitablement les charges :D. Impossible de gruger ^^. (De gauche à droite : JeePee, Phil, Steph et Jérôme).
Au détour d'un pont. Quelques rivières luttent encore pour le mouvement...
Lesson number 1 : Pour éviter de se la coller, sauter de caillou en caillou!
"Une d'approche qui n'en finit pas", avec Jérôme aux commentaires.
On fait d'abord une halte au lean-to pour y déposer tout le matos non indispensable à l'ascension : sleeping, mouflons pour les plus chanceux (en gros, tout le monde sauf, moi ^^), tapis de sol et compagnie.
Un bout de notre lean-to. En fait, c'est juste un espèce de shelter ouvert sur un côté. Il nous protège de la rosée et du vent (à condition qu'il souffle du bon côté). Cependant, la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur est négligeable.
Enfin des montagnes, ça faisait longtemps :D. Vue depuis le lean-to.
On se fait un petit casse-dalle avant de partir à l'assaut. Au programme, une cascade dans Huntington Ravine. On ne sait pas encore laquelle. Ca va dépendre des conditions de glace, de l'exposition et des cordées déjà engagées...
Phil en pleine hésitation, "Brrrr, elle a l'air froide. Je saute, je saute pas?".
Il nous faudra une petite heure de marche pour arriver en vue de Huntington Ravine.
Plusieurs cascades s'offrent à nous :
- La "Centrale", qui longe un dièdre sur toute sa longueur (au centre de la photo). Cependant, elle n'a pas l'air très fournie en glace.
- La "diagonal" (départ au niveau du gros pâté blanc à droite), très fournie au début, mais de ce qu'on en voit, la fin n'a pas l'air encore formée.
- La "Yale", une cordée est déjà engagée dedans et la sortie n'est pas en conditions.
- Reste "Odell's Gully" (non visible sur cette photo, encore plus sur la gauche), qui semble bien fournie en glace et suffisamment large pour évoluer en parallèle sans s'envoyer de glaçon sur la face. Malgré quelques doutes quant à nos chances de sortir la cascade avant la nuit (il fait nuit à 16h30 :p) on décide de se lancer dans l'aventure.
Jérôme dans les derniers mètres d'approche avant le petit raidillon qui nous mènera au pied de la cascade.
On progresse en 2 cordées Steph en flèche avec Jeepee et Phil, Jérôme et moi en réversible.
La glace est vraiment bonne, je n'aurais pas affûté mes lames que ç'eut été pareil...
Grand sourire après la première pitch.
Vue sur les "hostilités" depuis le 1er relai.
Arrivée au 2eme relai après un petit ressaut vertical.
Steph ne tardera pas à nous rejoindre.
La corde a traîné dans la flotte. Du coup, elle est complètement gelée. Trop galère pour assurer...
...Mais ça n'empêche pas de garder le sourire ^^. (Hey, vous avez vu la pleine lune toute au fond, là bas?)
Sécurité oblige, on ne pourra pas sortir au sommet par manque de temps. Le Mont Washington est tristement réputé pour ses accidents et ses changements de conditions climatiques rapides. De plus, on ne connaît pas le chemin de retour par le haut. On décide donc de redescendre en rappel. Cependant, à notre position, impossible de descendre sur un abalakof. La glace est trop gorgée en eau. Coup de pot, Steph trouve un tri cam et un piton coincés à demeure dans la roche. Nickel, voilà qui va nous permettre de rejoindre un relai équipé pour le rappel :D.
Retour au pied de la cascade. Mais non, on n'a pas froid...
La pleine lune facilite grandement le retour au lean-to (surtout que ma lampe frontale est plutôt moribonde). Une fois arrivé, on se fait à manger vite fait bien fait. Mon repas se résume à du riz oncle Bens emballé dans un sac plastique (light et pas cher...), de barres céréales et de fruits secs. Steph, qui n'a plus faim, me fait goûter aux joies des aliments lyophilisés en plus de ma petite collation. J'avais toujours entendu dire que c'était dégueulasse, bah j'ai été plutôt agréablement surpris. C'est pas si pire finalement. Le tout arrosé par un petit vin (à -12°C, il avait pas vraiment de goût, mais bon, c'était plaisant quand même :). Le porto a lui par contre beaucoup mieux supporté la basse température.
mmmMMMmmm les bonnes petites graines et le bon petit porto! Admirez les moufflons de Jérôme au passage. Ouin, je veux les mêmes ^^.
Ah oui, encore un truc avant de rendre l'antenne : ça y est, je sais vraiment ce que ça veut dire "frette"! En français, quand il fait froid, on dit qu'il fait froid. Logique, non? En québécois, "froid", ça existe aussi bien sûr, mais il y a aussi le niveau du dessus : le "frette". Et quand il fait frette, là, ça rigole plus. T'enlèves tes gants pour faire un truc, t'as qu'une envie : les remettre!
Bref, c'est bien emmitouflé dans ma doudoune et les pieds ben ben frettes que je m'engouffre dans mon duvet -2°C en limite confort (heureusement, les chaufferettes de Jérôme me permettront de passer la nuit sans me poser trop de question quant à la survie de mes orteils ^^).
Le trafic est assez fluide et on passe la douane sans encombre. Mon visa touristique étant encore valide jusqu'au 26 décembre, je n'ai pas besoin de repayer 6$ et de repasser par la case photo / empreintes digitales. C'est déjà ça de gagné.
Le temps de préparer les sacs, de se changer et c'est 2h de marche d'approche qui nous attendent. Le sol est verglacé sur une bonne partie du chemin. Une bonne concentration est de mise pour ne pas se retrouver les 4 fers en l'air. Merci Phil pour le bâton de marche, il m'a sauvé plus d'une fois ^^.
Quand je pense que j'avais peur d'avoir besoin des raquettes...
"Une d'approche qui n'en finit pas", avec Jérôme aux commentaires.
On se fait un petit casse-dalle avant de partir à l'assaut. Au programme, une cascade dans Huntington Ravine. On ne sait pas encore laquelle. Ca va dépendre des conditions de glace, de l'exposition et des cordées déjà engagées...
Phil en pleine hésitation, "Brrrr, elle a l'air froide. Je saute, je saute pas?". - La "Centrale", qui longe un dièdre sur toute sa longueur (au centre de la photo). Cependant, elle n'a pas l'air très fournie en glace.
- La "diagonal" (départ au niveau du gros pâté blanc à droite), très fournie au début, mais de ce qu'on en voit, la fin n'a pas l'air encore formée.
- La "Yale", une cordée est déjà engagée dedans et la sortie n'est pas en conditions.
- Reste "Odell's Gully" (non visible sur cette photo, encore plus sur la gauche), qui semble bien fournie en glace et suffisamment large pour évoluer en parallèle sans s'envoyer de glaçon sur la face. Malgré quelques doutes quant à nos chances de sortir la cascade avant la nuit (il fait nuit à 16h30 :p) on décide de se lancer dans l'aventure.
On progresse en 2 cordées Steph en flèche avec Jeepee et Phil, Jérôme et moi en réversible.
La glace est vraiment bonne, je n'aurais pas affûté mes lames que ç'eut été pareil...
Vue sur les "hostilités" depuis le 1er relai.La pleine lune facilite grandement le retour au lean-to (surtout que ma lampe frontale est plutôt moribonde). Une fois arrivé, on se fait à manger vite fait bien fait. Mon repas se résume à du riz oncle Bens emballé dans un sac plastique (light et pas cher...), de barres céréales et de fruits secs. Steph, qui n'a plus faim, me fait goûter aux joies des aliments lyophilisés en plus de ma petite collation. J'avais toujours entendu dire que c'était dégueulasse, bah j'ai été plutôt agréablement surpris. C'est pas si pire finalement. Le tout arrosé par un petit vin (à -12°C, il avait pas vraiment de goût, mais bon, c'était plaisant quand même :). Le porto a lui par contre beaucoup mieux supporté la basse température.
Ah oui, encore un truc avant de rendre l'antenne : ça y est, je sais vraiment ce que ça veut dire "frette"! En français, quand il fait froid, on dit qu'il fait froid. Logique, non? En québécois, "froid", ça existe aussi bien sûr, mais il y a aussi le niveau du dessus : le "frette". Et quand il fait frette, là, ça rigole plus. T'enlèves tes gants pour faire un truc, t'as qu'une envie : les remettre!
Bref, c'est bien emmitouflé dans ma doudoune et les pieds ben ben frettes que je m'engouffre dans mon duvet -2°C en limite confort (heureusement, les chaufferettes de Jérôme me permettront de passer la nuit sans me poser trop de question quant à la survie de mes orteils ^^).
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